le 19-09-2015

À propos de l'affichage des couleurs sur un écran


Comment calibrer mon écran pour y voir les bonnes couleurs ?

ColorChecker
 
Beaucoup d’idées reçues circulent sur le calibrage et la colorimétrie des écrans. Depuis plusieurs années, je me rend compte du flou qui règne en la matière chez la majorité des gens, y compris les photographes, les graphistes ou encore, ce qui est plus inquiétant, les imprimeurs. Cette question est évidemment fondamentale pour nos clients dans le cadre de l'impression de leurs photos sur toile
 
Nous ne parlerons ici que d’écran. 
 
Vous l’avez sans doute remarqué en vous baladant dans les rayons d’un magasin d’informatique : lorsque la même image est affichée sur plusieurs écrans, il y a autant de versions différentes de cette image d’un point de vue colorimétrique qu’il y a d’écran. On pourrait se dire que tout cela est bien compliqué et qu’il suffirait que tous les fabricants se mettent d’accord pour afficher la même chose : ce n’est pas si simple. 
Un grand nombre de paramètre rentrent en ligne de compte. 
 
Il y a d’abord le matériel en lui-même : les composants électroniques, les technologies, les microprogrammes intégrés. Tout cela est important. C’est comme dans une cuisine : les mêmes ingrédients (le signal envoyé à l’écran) seront traités différemment en fonction de la qualité des outils utilisés et le résultat sera très différent. La cuisine d’un restaurant étoilé sera en mesure de produire des plats impossible à réaliser dans un fast food. C’est exactement la même chose avec les écrans : certains écrans sont tout simplement incapables de reproduire des gammes entières de couleur
 
Pour reprendre l’analogie avec la cuisine et l’image des ingrédients, on pourrait également parler du signal d’entrée, celui qu’on envoi à l’écran. Ce signal est généré par votre ordinateur - électronique, système d’exploitation, logiciels - et par votre carte graphique et ses microprogrammes. Là encore, une poussière dans l’engrenage peut gripper la machine et fausser le résultat (nous reviendrons sur les profils ICC).
 
Dans une cuisine, il y a aussi des cuisiniers : l’analogie tient toujours car même avec du bon matériel, le néophyte en colorimétrie produira un affichage moins fiable qu’un connaisseur utilisant du matériel grand public !
 
Dans une cuisine se pose aussi le problème de l’environnement : température, humidité, pollution, présence de « nuisibles » etc. Tout cela influe sur le plat final. Il en va de même pour un écran qui est un matériel électronique qui réagira aux conditions ambiantes (par exemple la présence d’un champ électromagnétique générés par la présence de nombreux câbles électriques). Cette sensibilité aux conditions environnementales ne touche pas que le matériel lui-même : la luminosité ambiante et la couleur des murs et des meubles de la pièce vont également avoir une influence déterminante sur la perception des couleurs par l’opérateur (il existe des normes permettant de définir les caractéristiques d’un environnement de travail neutre permettant d’observer convenablement un écran tout comme il existe des norme permettant d’observer par exemple un tirage sous un éclairage bien particulier pour en évaluer les couleurs - dans le cas d’un écran, il faut que les murs soient dans un gris neutre et que la luminosité de la pièce soit plutôt faible). 
 
Enfin, le calibrage (nous n’entrerons pas dans le détails de l’étalonnage et de la caractérisation) d’un écran dépendra également de l’usage final qui serait fait des images qui y seront traitées (tirage papier, web, tirage d’art sur toile qui seront exposés dans un environnement lumineux spécifique etc.). 
 
 

Les profils ICC

Nous n'expliquerons pas en détails ce qu'est un profil ICC et nous contenterons de dire qu'il s'agit de la carte d’identité colorimétrique d’une image. Sans ce profil : impossible de savoir à quoi correspondent les couleurs numérisées de l’image (par exemple, un pixel RVB avec les valeurs 255/220/156 ne correspondra pas du tout à la même couleur dans un profil « sRVB » et dans un profil « ProPhoto »). 
Une image devrait donc toujours être accompagnée de son profil ICC, c’est à dire être associé à l’espace colorimétrique (sRVB, AdobeRVB, ProPhoto etc.) dans lequel sont définies ses couleurs. 
Avoir une photo sans profil ICC, c’est un peu comme si vous aviez la localisation d’un lieu avec des coordonnées, mais sans cartes… 
 

Profil ICC d’un appareil d’entrée

Les appareils d’entrée sont ceux qui permettent de capturer une image : l’appareil photo et le scanner en sont les meilleurs exemples. 
Pour capturer les « bonnes couleurs », ces appareils doivent être correctement caractérisés. 
Il faut donc créer un profil ICC propre à cet appareil qui permettra d’interpréter les couleurs qu’il capture. 
Le fonctionnement est assez simple : on va capturer un nuancier de couleurs définies avec l’appareil en question puis utiliser un logiciel qui va nous permettre de comparer la couleur capturée par l’appareil et la couleur réelle du nuancier capturé. En comparant ces données, le logiciel va créer un profil ICC pour l’appareil utilisé (mais aussi pour les conditions dans lesquelles l’appareil a été utilisé lors de cette capture !). 
Il suffira ainsi d’appliquer ce profil à l’image capturée pour avoir les couleurs les plus fidèles possibles au nuancier d’origine (dans la limite du gamut du profil ainsi créé). 
 
La solution la plus répendue en la matière est le nuancier ColorChecker en version de poche "passeport" livré avec son logiciel de création de profil (attention, les profils générés sont propriétaires - ".DNG" - et utilisables uniquement sur certains logiciels comme Cameraraw, Lightroom...). 
 
 

Profil ICC d’un appareil de sortie

L’appareil de sortie par excellence est évidemment l’imprimante numérique mais peut aussi être un système d’impression industriel. 
Pour imprimer les « bonnes couleurs », cet appareil doit lui aussi être calibré correctement en prenant en compte toutes le contraintes déjà vues (informatique, électronique, température, humidité) ainsi que le type support utilisé (c’est à dire le papier, la toile ou encore la bâche sur laquelle notre photo sera imprimée). 
D’une manière assez similaire à ce qui a été fait pour l’appareil d’entrée, après étalonnage de l’imprimante et du média à imprimer (taux d’encrage, vitesse d’impression, courbe d’utilisation des encres claires, avancée du support etc.), celui-ci devra être caractérisé en imprimant un nuancier qui sera ensuite lu à l’aide d’un spectromètre
Un logiciel se chargera ensuite de comparer les couleurs lues par le spectromètre (avec ou sans correction des azurants optiques) de manière à créer un profil ICC pour cette imprimante avec ce papier dans son environnement de travail (informatique compris) spécifique (c’est pourquoi les profils ICC fournis par les fabricants, bien qu’utiles, ne sont pas les solutions ultimes).
 
Point de vue matériel et technique, ça se complique, comptez plus de 2000 € pour le spectromètre, sans parler des compétences nécessaires à son utilisation. Aussi, plutôt que d'entrer dans le détail, contentons-nous (pour l'instant) de vous recommander d'aller faire un tour chez Christophe Métairie, bien connu pour son service de création de profils d'impression personnalisé à distance (nous ne l'avons jamais testé mais sa répurtation n'est plus à faire). 
 
Si nous nous mettons dans le cadre d’une prise de vue, notre image aura déjà subie l’application du profil ICC de l’appareil photo avant d’être convertie dans un profil ICC standard puis on appliquera par dessus le profil ICC de l’imprimante… mais il nous manque un élément : l’écran !
 

Profil ICC de l’écran

L’écran se trouve à la croisée des chemins, c’est peut-être l’élément le plus important, celui auquel chacun devrait pouvoir se référer (il est permis de rêver…). 
L’écran peut-être à la fois un périphérique d’entrée (création d’un graphisme sur un logiciel de DAO) et un périphérique de sortie (affichage d’une photo sur un site internet par exemple). 
 
La caractérisation de l’écran se fera également (après étalonnage, c’est à dire réglage de la luminosité etc.) au moyen d’une sonde qui lira une nuancier de couleur (sous la forme d’une séquence, chaque couleur étant affichée à tour de rôle en plein écran) et comparera les couleurs perçues avec les « vrais couleurs » du nuancier affiché de manière à créer un profil ICC (propre à cet écran précis dans cet environnement précis) et qui permettra de corriger les couleurs envoyées à l’écran pour que celui-ci affiche les couleurs les plus proches possibles de la réalité (dans la limite de son gamut, c’est à dire dans la limite des couleurs qu’il est capable de reproduire). 
 
Il est recommandé par les professionnels de la calibration de refaire le calibrage de son écran toutes les semaines, ce qui en dit long sur les variations du résultat affiché en fonction des conditions environnementales, un même appareil demeurant dans la même pièce pouvant nécessiter un nouveau profil après une certaine durée d’utilisation, cette utilisation ayant un impact sur les composants même de l’appareil et donc sur l’image affichée à l’écran !
 
Cela en dit long aussi sur la pertinence des profils ICC fournis par les fabricants qui, s’ils ont évidemment le mérite d’exister et d’apporter un bien meilleur résultat qu’un profil lambda qui fera apparaître à l’écran des couleurs totalement décalées, ne sont pas non plus la panacée pour qui souhaite un affiche des couleurs ou plus près de la « réalité ».
 
Pour le calibrage de votre écran, il vous faudra investir environ 200 € dans une sonde i1 Display pro ou Colormunki Display (sauf si vous avez déjà un spectromètre qui fera tout aussi bien le travail et qui vous aura déjà coûté un bras) et vous documenter un peu pour bien comprendre son utilisation. 
 
Si nous nous mettons maintenant dans le contexte d’un épreuve écran préalable à l’impression d’une photo, nous aurons :
le profil ICC de l’appareil photo appliqué au cliché, puis une conversion probable dans un profil ICC standard, puis l’application par voie logiciel du profil ICC de l’imprimante en vue d’un épreuvage écran puis, par dessus tout ça, l’application du profil ICC de l’écran : nous aurons donc au moins 3 profils ICC utilisés dans cette opération…
 
Il va sans dire que tous les tirages réalisés par Toile Impression utilisent des profils ICC maison
 

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